Olivier Girault, l’ancien capitaine de l’équipe de France et président de la Ligue nationale est le troisième candidat en lice pour les élections à la présidence de la Fédération française de handball. Il conduit la liste « La relance 2020/2024 ».

Olivier Girault : "Il faut mobiliser l’ensemble des familles du handball"

La Marseillaise : Qu’est-ce qui motive votre candidature ?

Olivier Girault : Je suis follement passionné par mon sport. Mon engagement et celui de mon équipe, est bénévole. Nous voulons redonner au handball tout ce qu’il nous a apporté. La présence de Jackson Richardson symbolise notre volonté, celle de mettre les mains dans le cambouis. Aller à la rencontre des jeunes, dans les quartiers, afin de remettre en route le cercle vertueux. Le handball nous a fait grandir et nous a donné cette chance de devenir professionnel.


La crise sanitaire a-t-elle tout chamboulé ?

O.G. : Pour nous, non. Nous travaillons depuis plusieurs mois sur comment la surmonter. En fait, elle n’a fait qu’amplifier la nécessité de tout changer.


Comment comptez-vous remettre la machine en route ?

O.G. : Déjà, en ne demandant pas d’aide à ceux qui ne peuvent pas en donner. C’est une utopie de penser que l’État peut tout donner. Il existe des solutions pour gérer l’urgence sanitaire et l’urgence pour nos clubs qui ne jouent plus. Pour cela, il existe des mécanismes que nous n’utilisons pas, comme la gestion des licences. Surtout pour les clubs amateurs qui ont besoin d’une marge de manœuvre financière. D’où l’idée d’accompagner les clubs, les comités et les ligues pour réfléchir ensemble. S’adapter aux territoires.


Quel serait le coût financier ?

O.G. : Notre force, ce sont nos quelque 500 000 licenciés. Nous pouvons baisser la part des prélèvements fédéraux sur les cotisations, proposer un accompagnement dans la gestion du quotidien, avec des coups de pouce à la formation de dirigeants, d’arbitres. Mettre en place des mécénats de compétences, avec des entreprises qui mettraient à disposition des associations des employés expérimentés, qui pourraient ainsi débuter une reconversion dans le bénévolat sportif. Nous pouvons ainsi proposer un coup de pouce de 50 euros par licencié.


Le handball français ne s’est-il pas endormi sur ses lauriers ?

O.G. : Ces derniers temps, j’ai eu le sentiment de perdre mon handball, alors que nous avons toujours été résilients. Surtout entre 1995 et 2001 car on ne gagnait pas.

Nous avons alors eu un entraîneur, Daniel Constantini, qui nous a donné les moyens pour lutter contre le découragement. Et après le titre de 2001, il y a eu Claude Onesta, qui nous a remis en place avec cette phrase : « Vous êtes champions, mais pas les meilleurs du monde ! » Il avait raison. Nous avons le talent. Il nous faut l’osmose dans les compétences. Chaque fois qu’elle y était, nous avons gagné.


Comment le handball peut retourner dans les écoles ?

O.G. : Notre sport a toujours marché sur deux jambes. Celle de la filière fédérale, avec les clubs amateurs et professionnels. Et celle de la filière scolaire. C’est de là que je viens d’ailleurs. Aujourd’hui, nous avons perdu ce lien avec l’école. La Fédé a développé la vitrine, mais négligé ses racines. Le moment est venu de réfléchir à de nouveaux fléchages budgétaires. En ayant en tête 2024. C’est le moment de construire l’héritage. En conservant nos valeurs qui ne sont pas figées. Si le hand à 7 est notre matrice, il faut le renforcer avec d’autres pratiques. Comme le hand à 4, en extérieur et dans les écoles. Il y a aussi le sandball à relancer. Il faut mobiliser l’ensemble des familles.


Il y en a une qui vous tient à cœur ?

O.G. : Oui, celle qui a fait venir Dominique Deschamps avec nous. Il est le symbole de notre sport. De son ancrage à l’université. De la création du handifauteuil qui est un symbole fort. Nous souhaitons créer les conditions pour que cette discipline soit plus visible.


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